Quelques échos du Centre

Confinée au Centre Socioculturel d’Orthez ?

Souvent considéré comme « une ruche au cœur d’Orthez » en référence à sa fréquentation quotidienne par des dizaines de personnes, le Centre Socioculturel est bel et bien fermé au public depuis le vendredi 13 mars. Les directives des autorités compétentes n’ont pas laissé d’autre choix à l’association que de placarder sur ses portes l’annonce de la suspension de toutes ses activités. Un accueil téléphonique est organisé chaque matin pour répondre aux questions des habitants ou pour les réorienter vers les salariés confinés en télétravail et vers les permanences des partenaires locaux. Le site internet invite aussi les adhérents et les habitants à prendre soin d’eux même en restant chez eux. Il rappelle l’importance de continuer à prendre des nouvelles des proches, valorisant des liens sociaux plus que jamais nécessaires. On y retrouve aussi quelques idées pour utiliser au mieux ce temps particulier et faciliter les contacts avec les salariés demeurés en soutien des habitants. Leurs réseaux téléphoniques et sociaux semblent encore résister à des flux accélérés pour poursuivre des liens et des projets dont la réalisation est toute fois différée.

Étonnamment, on ne compte plus les places disponibles sur le parking du Centre! Le silence inhabituel de la rue Pierre Lasserre n’est plus couvert par les cris joyeux des enfants, par la musique des ateliers de gym ou de danses, ou encore par le brouhaha des salles d’ateliers socioculturels où les gens prennent autant de plaisir à faire ensemble qu’à échanger… Les Agents d’Accueil n’orientent plus les personnes vers une activité, vers le conseiller d’une permanence administrative ou vers un travailleur social du secteur Enfance Famille Insertion. La cour du Centre demeure paradoxalement vide. Plus personne n’est là pour prendre le temps de s’y croiser et de s’y retrouver à la sortie des cours de langue, des ateliers d’aquarelle ou de dessin, des  « Rendez-vous Cafés Projets » où l’on imagine les sorties à venir et les activités partagées entre seniors et enfants , des ateliers de couture ou de peinture sur soie, d’encadrement ou de cuisine, de photo ou d’informatique… Le Foyer si souvent vivant est étrangement désert tout autant que le coin de jardin face à l’atelier « Brico acteurs » où se retrouvent habituellement les parents ….

Le silence y est encore plus impressionnant en soirée. L’accueil fermé, les soirées animées de « jeux en famille », de quizz, de cours de langues, de rencontres au Foyer des jeunes, de débats à la Salle Polyvalente, les réunions des associations locales ne s’y succèdent plus.

Le Centre Socioculturel est silencieux et vide. Vide ? Pas tout à fait ! Le matin un Agent d’Accueil assure une permanence téléphonique accompagné d’un personnage devenu en quelques semaines incontournable. Les plus jeunes la considèrent même comme une mascotte, les adultes la retrouvent chaque jour avec plaisir. Le portail à peine ouvert, cette chatte vivant dans le quartier arrive pour dire qu’elle veille avec constance sur ces lieux désertés. Ronronnant de plaisir en retrouvant ce lien affectif suspendu le temps du confinement, il ne fait aucun doute qu’elle sera là chaque jour. A la réouverture du Centre, elle redeviendra discrète au milieu des gens qui reprendront leur quotidien, accueillant chacun, quel qu’il soit, dans le brouhaha habituel retrouvé.

Mascotte

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